Journée Nationale de l’Audition le 14 mars 2024

Après le commerce et l’industrie, le BTP est le 3ème secteur le plus touché par le bruit.

Malgré les efforts des entreprises en matière de prévention des risques professionnels, le BTP est l’un des secteurs les plus touchés par le bruit au travail. Les sources de bruit dans le BTP sont, en effet, nombreuses : machines, engins de chantier, menuiseries…

Près de la moitié des actifs en poste (45%) déclarent que le bruit au travail a au moins une répercussion pour leurs oreilles sur leur quotidien ». Cette proportion est majoritaire chez les moins de 35 ans (52%), les Franciliens (51%) et les actifs des secteurs Agriculture-Industrie (55%) et BTP Construction (60%).

Mais à partir de quand peut-on parler de déficience auditive ?

Le terme « déficiente auditive » est employé pour parler d’une personne qui n’est pas capable d’entendre aussi bien qu’une personne ayant une audition normale, le seuil étant de 20 décibels (dB) de perte dans la meilleure oreille.

Une « déficience auditive invalidante » désigne une perte auditive supérieure à 35 décibels (dB) dans la meilleure oreille.

Quelques chiffres en France

Selon l’OMS, environ 1,5 milliard de personnes dans le monde sont atteintes d’une déficience auditive. D’ici 2050, on estime ce chiffre à 2,5 milliards.

  • 1 personne sur 4 présenterait une forme de déficience auditive
  • Pour 5,4 millions de personnes, ces troubles entraînent des répercussions sur la vie quotidienne
  • 31,9% des salariés français sont exposés dans leur profession à des nuisances sonores
  • 6 millions de personnes souffrent d’acouphènes (sensation auditive anormale tels que des bourdonnements et tintements qui ne sont pas provoqués par un son extérieur.)

La surdité chez les jeunes, un constat alarmant !

La santé auditive de plus d’un milliard d’adolescents et de jeunes adultes serait menacée selon une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique BMJ Global Health.
La cause ? Une exposition dangereuse à de forts volumes sonores, comme le port de casque audio, d’écouteurs ou à une fréquentation de lieux de divertissement bruyants.

Des problèmes auditifs handicapants dès 40 ans ?

 

Endommager son oreille pendant sa jeunesse serait une bombe à retardement. Au lieu de développer des problèmes auditifs handicapants vers 65 ans, cela pourrait survenir dès 40 ans. Avec l'allongement de l'espérance de vie et le report de l'âge de la retraite, il est indispensable de conserver une bonne audition.

Qu’en est-il des acouphènes sur l'audition ?

Les acouphènes sont des bruits « parasites » qu’une personne entend sans que ceux-ci n’existent réellement. Il peut s’agir de sifflements, de bourdonnements ou de cliquetis.
On estime que près de 1 personnes sur 10 (source Inserm) serait touchée. 

Entendre des acouphènes n’est pas une maladie, mais un symptôme souvent lié à une perte d’audition.

Le plus souvent, deux facteurs principaux sont liés à l’apparition d’acouphènes :

  • Les traumatismes sonores
  • La perte d’audition liée à l’âge (presbyacousie)

 

Certaines formes d’acouphènes peuvent être très invalidantes et engendrer des difficultés de concentration, des troubles du sommeil, voire une dépression.

Le bruit et ses méfaits sur la santé

La fatigue auditive

Après avoir été exposé à un bruit intense, on peut souffrir temporairement de bourdonnements ou de sifflements d’oreilles (acouphènes) ainsi que d’une baisse temporaire de l‘audition. Cette fatigue auditive qui disparaît à la fin de l’exposition au bruit, doit vous alerter. Cela est souvent un signe annonciateur d’une souffrance de l’oreille interne

La surdité irréversible

L’exposition prolongée à des niveaux de bruit élevés détruit progressivement les cellules ciliées de la cochlée. Cela conduit à une surdité irréversible, car ces dernières ne se régénèrent pas.

Cette surdité peut être reconnue comme maladie professionnelle (Tableau n°42 du régime général).

Autres effets sur la santé

Outre la surdité, l’exposition au bruit peut entraîner des troubles du sommeil, de la fatigue, du stress, de l’hypertension, isolement social…
On peut également souligner une augmentation du risque accidentogène au travail qui peut conduire à un risque de désinsertion professionnelle.

Quelle est la règlementation du bruit au travail ?

L’employeur doit veiller à la santé et à la sécurité de ses travailleurs en mettant en place des actions de prévention, d’information et de formation.

Ces risques doivent être consignés dans le Document Unique de l’Évaluation des Risques Professionnels.

Il doit également évaluer les risques professionnels sur chaque poste de travail et doit mettre à disposition les mesures de protection collective et individuelle.

Représentation des niveaux sonores

Diagramme des niveaux de nuisances sonores

La prévention du bruit au travail

La prévention reste et sera toujours un enjeu pour éviter les accidents du travail et les maladies professionnelles. Pour prévenir le bruit, l’employeur peut activer des moyens de prévention collectifs ou individuels.

La coactivité dans le secteur du BTP peut poser des problèmes, particulièrement lors des travaux de voirie (par exemple, l’utilisation simultanée d’un engin, d’un marteau-piqueur et d’une carotteuse) ou des travaux en intérieur (par exemple, l’utilisation conjointe d’une meuleuse, d’une perceuse et d’un burineur), où des facteurs tels que la proximité des sources, la durée d’exposition et les conditions environnementales de propagation sont des éléments à prendre en compte.

Bien que les niveaux sonores ne s’additionnent pas, le bruit croît progressivement.

L'audition au travail et les niveaux de pressions accoustiques
Source OPPBTP

Pour agir contre le bruit, l’employeur peut mettre des moyens de protection sur : l’émission, la propagation, la réception.

Il faut savoir que le bruit devient dangereux à partir d’un niveau de 80 décibels durant une journée de travail de 8 heures.

Quelles mesures collectives pour atténuer les effets du bruit ?

Pour réduire les effets du bruit sur les travailleurs du BTP, il est essentiel de mettre en place des mesures de protection collective complètes. Cela implique notamment d’organiser les chantiers, en créant des zones distinctes pour les activités bruyantes et en les isolant autant que possible des autres métiers présents sur le site. En installant des barrières acoustiques temporaires autour de ces zones, on limite la propagation du bruit vers les espaces où d’autres travailleurs effectuent des tâches moins exposées au bruit, favorisant ainsi un environnement de travail plus sûr et confortable pour tous.

Une planification des travaux bruyants en fonction de la coactivité permet de réduire l’impact du bruit sur l’ensemble des travailleurs du chantier.

La sensibilisation des travailleurs doit devenir incontournable en 2024. En sensibilisant les salariés sur les risques liés au bruit et les bonnes pratiques à adopter pour se protéger, on renforce leur capacité à reconnaître les situations à risque et à prendre les mesures appropriées pour limiter leur exposition au bruit.

Quels types d’EPI pour limiter les effets du bruit ?

Bouchons à arceau EN-352-2

Le bouchon avec arceau – EN 352-2

Il se positionne soit sur le conduit auditif, soit à l’intérieur. Son efficacité est limitée, car il ne fait qu’appuyer sur le conduit.

PICB à coquille EN-352-3 pour limiter les troubles de l'audition

Le PICB à coquille – EN 352-3

Il est positionné « autour » de l’oreille. Ce casque est réutilisable, mais il est conseillé de changer les coussinets tous les ans pour assurer une bonne étanchéité.

Bouchons à façonner EN-352-2

Le bouchon à façonner – EN 352-2

Ce modèle sera modelé par le salarié avant sa mise en place dans le conduit auditif. Ce type de bouchon est en général à usage unique et peut ne pas s’adapter à tous les conduits auditifs.

Bouchons prémoulés EN-352-2

Le bouchon préformé / prémoulé – EN 352-2

 

Il peut être introduit dans l’oreille sans façonnage préalable. Plus rapide à mettre en place que les bouchons à façonner, mais nécessite de trouver un modèle adapté à l’utilisateur

Bouchons moulés sur mesures EN-352

Le bouchon moulé sur mesure – EN 352

Réalisé à partir d’une empreinte de l’oreille du salarié, il est adapté à l’oreille du porteur, ce qui le rend très confortable et facile à mettre en place.

L’hygiène et entretien des EPI

Les EPI, au même titre que les mains doivent être soumis à des règles d’hygiène. Le conduit auditif étant un orifice, le risque infectieux existe si les EPI ne sont pas correctement nettoyés.

A l’heure où le nombre d’accident de travail et le taux d’absentéisme sont élevés, il est nécessaire de pratiquer la prévention primaire auprès de ses salariés.

Une démarche « gagnant-gagnant » sur le moyen-long terme pour les employeurs qui verront ces derniers réduire considérablement et voir leurs performances augmenter !

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Retrouvez également notre documentation sur le risque bruit.

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