Silice cristalline : un danger invisible mais dangereux

Qu'est ce que la silice cristalline ?

La silice cristalline est un minéral naturellement présent dans de nombreux matériaux utilisés dans le BTP : sable, béton, mortier, pierre, brique, carrelage ou encore enduits.

Lors de travaux mécaniques (découpe, perçage, ponçage, démolition…), ces matériaux libèrent une poussière très fine invisible à l’œil nu appelée silice cristalline alvéolaire.
C’est cette fraction respirable qui pénètre profondément dans les poumons et provoque des maladies. En effet, si elle est inhalée, peut être très dangereuse pour la santé. 

On parle souvent de « poussières de chantier », mais toutes ne se valent pas : la silice est classée cancérogène avéré pour l’homme depuis 1997 par le Centre international de recherche sur le cancer.

Selon L’ANSES, “En France, près de 365 000 travailleurs seraient exposés par inhalation à la silice cristalline, en particulier au quartz.” Elle estime que “23 000 à 30 000 travailleurs seraient exposés à des niveaux excédant la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0,1 mg.m-3 actuellement en vigueur en France, et plus de 60 000 à des niveaux excédant la VLEP la plus basse proposée au niveau international établie à 0,025 mg.m-3. Plus des deux tiers de ces niveaux d’expositions concernent le secteur de la construction”. 

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Quels métiers du BTP sont les plus exposés ?

Le risque d’inhalation de poussières de silice cristalline apparaît dès qu’un matériau est gratté, percé, scié ou taillé et qu’il génère de la poussière.

Or, la silice cristalline est présente dans de nombreux matériaux naturels (granit, marbre, sable…) ainsi que dans des matériaux de construction courants comme le béton ou le carrelage.

Ainsi, l’exposition concerne une grande partie des professionnels du bâtiment et des travaux publics notamment lors des travaux produisant des poussières :

  • Maçons

  • Coffreurs

  • Carreleurs

  • Façadiers

  • Canalisateurs

  • Démolisseurs

  • Conducteurs d’engins en cabine ouverte

  • Ouvriers TP (rabotage, tranchées)

  • Tailleur de pierre

Et plus largement : toute activité produisant de la poussière minérale.

ATTENTION :

L’exposition la plus dangereuse n’est pas forcément la plus visible : la découpe à sec de carrelage en intérieur peut exposer davantage qu’un marteau-piqueur en extérieur ventilé.

Les risques pour la santé :

L’inhalation répétée de silice provoque plusieurs symptômes : 

Des effets immédiats comme des irritations oculaires et des voies aériennes supérieures et respiratoires ou des effets chroniques à plus long terme avec une inflammation pulmonaire irréversible : 

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1. La silicose

La silicose est une maladie pulmonaire provoquant, un essoufflement progressif, une toux chronique, une insuffisance respiratoire. Les manifestations sont tardives (jusqu’à 30 ans après exposition) et sont fonction de la durée d’exposition et de la concentration de la silice cristalline dans l’air. le cancer du po

2. Le cancer broncho-pulmonaire

La silice cristalline est classée cancérogène avéré pour l’homme par le Centre international de recherche contre le cancer depuis 1997.

3. Des atteintes auto-immunes

Sclérodermie systémique, lupus érythémateux systémique, polyarthrite rhumatoïde. De la même manière, l’exposition à la silice cristalline augmente le risque de développer des pathologies respiratoires non malignes autres que la silicose telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’emphysème, la tuberculose.

Quelle est la réglementation en France ?

Depuis 2020, la silice cristalline alvéolaire est officiellement classée agent chimique cancérogène (CMR) dans le Code du travail.

L’employeur a le devoir d’appliquer des dispositions spécifiques relatives à la prévention des risques chimiques en atelier et sur chantier : 

  • Évaluer le risque

Procéder à l’évaluation des risques «silice» (inventaire des tâches exposantes, fréquence, durée, intensité) et la consigner dans le document unique.

Procéder à un mesurage du niveau d’empoussièrement par un organisme accrédité (COFRAC).

  • Mettre en place la protection collective (prioritaire)

Organiser le chantier de manière à limiter l’empoussièrement à la source. Utiliser des équipements ou procédés moins émissifs : limiter au maximum l’usinage par abrasion, aspirer les polluants à la source au poste, travailler à l’humide, dispositif de captage à la source des poussières, dispositifs de ventilation.

  • Fournir les EPI en complément 

Fournir des équipements de protection individuelle et veiller à ce qu’ils soient bien utilisés : masques (FFP3), lunettes.

  • Assurer le suivi médical

Les salariés exposés à la silice doivent être classés dans la catégorie SIR : Suivi Individuel Renforcé.

Mesures d'hygiènes

  • Combinaison jetable et/ou nettoyage des vêtements de travail 
  • Porter des gants
  • Eviter le port de bijoux
  • Se laver les mains régulièrement  (pendant les pauses par exemple)
  • Eviter la barbe pour limiter la contamination (restes de poussières  dans la barbe)
  • Ne pas fumer pendant l’activité (risque d’ingestion de poussière)

La prévention est essentielle

Contrairement au bruit ou aux TMS, les effets de la silice apparaissent souvent 10 à 30 ans après l’exposition.
Les salariés jeunes aujourd’hui peuvent donc développer la maladie en fin de carrière.

Pour l’entreprise, les conséquences peuvent être majeures :

  • reconnaissance de faute inexcusable

  • pénibilité

  • désinsertion professionnelle

Le Service de Prévention et Santé au Travail accompagne les entreprises pour identifier les situations exposantes, conseiller les protections adaptées, sensibiliser les équipes, organiser le suivi médical et prévenir la désinsertion professionnelle

Pour vous aider et améliorer la prévention auprès de vos salariés découvrez notre guide silice

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